« La dette on s’en fiche ! » Vraiment ? Rueil, 200 millions, Issy, zéro. Pourquoi?

S’il y a une chose dont on s’est rendu compte durant cette campagne, c’est que la dette pour certains, et ben… on s’en fiche.

« Aucune ville de 60 000 à 100 000 habitants des Hauts-de-Seine ne dispose d’un ratio de désendettement plus élevé que la commune de Rueil-Malmaison » dit le rapport de la Chambre Régionale des Comptes (page 49).

Savoir que les comptes de la ville sont dans le rouge-rouge, que le patrimoine communal est vendu massivement pour équilibrer les comptes chaque année, que 7 millions d’euros partent tous les ans en intérêts et frais financiers divers, que la masse salariale continue à bouffer une partie majeure du budget de fonctionnement, et ben ce n’est pas grave à entendre les arguments des partisans de l’équipe en place.

Mais dans ce cas, pourquoi des villes plutôt bien gérées ne s’endettent pas ?

Pour comparer, Issy-les-moulineaux, dans le 92 aussi, et à taille similaire, n’a aucune dette. Oui aucune, zéro dette. Le maire en place, depuis trop longtemps toutefois, a toujours refusé de recourir à l’emprunt pour financer le développement de la ville.

Mais est-ce que Issy-les-Moulineaux a un bel éco-quartier ? Et ben oui, et un vrai, avec un chauffage qui vient en partie de panneaux solaires sur les toits, lui.

Mais est-ce que Issy-les-Moulineaux dépensent autant en masse salariale? NON, elle représente 30% de son budget.

Ah, mais est-ce qu’ils ont 2 piscines ? Oui, depuis longtemps.

Mais est-ce qu’ils ont une médiathèque ? Non. Pas une, ils en ont 2.

Mais attend, est-ce qu’ils ont un cinéma et un conservatoire ? Oui, les deux. Ils ont même crée il y a 20 ans un centre dédié à la création numérique. Ils ont installé des ateliers d’artistes en pleine ville,…

Bref. Mais alors pourquoi on s’endette à Rueil ?

Malgré des comptes dans le rouge, la ville dépense près d’1,5 millions d’euros en heures supplémentaires chaque année durant la période étudiée par la chambre régionale des comptes (2011-2017).

Le chauffeur que le maire s’alloué, déclare à lui seul, 50 heures supplémentaires en moyenne par mois (c’est dans le rapport). Si la chambre régionale des comptes singularise ce cas parmi d’autres, tout en restant dans les limites de son rôle, c’est aussi pour le dire à la population.

La ville s’est aussi endettée en lançant la construction d’une piscine avec un stade sur le toit pour un montant prévu de 47 millions d’euros.

Prévu, pas forcément tenu. (Ce sera notre rôle de reprendre ce projet et de s’assurer que le budget ne soit pas dépassé).

La ville a aussi dû renégocier des emprunts toxiques qu’elle avait contractés. Ce sont, pour ceux qui ne savent pas, des emprunts à taux variables très risqués car les taux peuvent monter en flèche. Leurs renégociations « ont entraîné le paiement direct ou indirect de 28,2 M€ d’indemnités de remboursement anticipé », dit la CRC. Et elle ajoute page 53, « Leur coût complet n’est parfois pas identifié et la commune n’est pas aujourd’hui en mesure de les détailler »

Et à cause de ces choix risqués, la ville emprunte plus cher que les autres :

« le taux d’intérêt apparent de la dette de la commune était de 3,9 % en 2016, soit 1,1 point de plus que la moyenne nationale des villes de la même catégorie. Si la commune disposait d’un taux d’intérêt apparent égal à la moyenne de la strate, elle aurait réalisé en 2016 une économie de charges financières de 2 M€ » (page 54).

Et puis, il y a les équipements culturels.

L’exploitation des deux cinémas et du grand théatre ne rapportent rien à la ville. Au contraire, la société qui les exploite reçoit une subvention de plus d’un million d’euros rien que pour le théâtre, sans qu’aucune stipulation dans le contrat ne précise les modalités de calcul de cette subvention (page 104).

Le redressement de la situation financière de Rueil-Malmaison sera évidemment une de nos premières priorités. Apurer la dette, renégocier avec les banques pour baisser les intérêts, et cesser le recours à l’emprunt.

Auteur : Rueil Meilleur

Un Rueil Meilleur est possible, c'est la conviction d'un groupe d'habitants persuadés qu'une alternance est nécessaire pour stabiliser les finances et redynamiser la ville

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